Eric Denudt : Peintures élusives ou peintre de la nature insaisissable ? (Eric Denudt : Elusive painting or a painter of elusiveness ? 2009)
La plupart des spectateurs d'un tableau ont tendance à se demander ce qu'il représente, quel est le message transmis. S'ils le font avec le travail de Eric Denudt, ils peuvent éprouver un certain malaise.
Les peintures de Eric Denudt représentent certes mais au minimum: ils dépeignent, ils reproduisent les contours de base de l'objet, de sorte qu'on peut le reconnaître, mais le processus de construction de similitude ne va pas plus loin. Ce que Eric Denudt a mis dans ses multitudes petites surfaces découpées ce sont les couleurs : les couleurs pures, les longueurs d'onde pure qui visent à répondre quête de Monet: la découverte de la pure sensation de couleur.
En bref, ses images ne veulent rien dire, ou "presque rien". Comme « l'église de Bouvigny-Boyeffles » vu du chevet - toile qui fait penser à « L'église d'Auvers » de Van Gogh - mais dans la peinture de Eric Denudt, ce n'est pas la spiritualité en soi qui est présent. L'or brillant qui éclairait l'église d'Auvers a tout simplement disparu et chaque point de la lumière divine, le jaune d'or qui a été si présent n'est maintenant plus là.
Ce qui est frappant au sujet du travail de l'artiste réside dans le fait qu'au lieu de chercher un spectre complet de couleurs pour ses tableaux, Eric Denudt presque toujours réussi à avoir une couleur manquante dans ce spectre, ou pour parler plus exactement, il n'y est toujours une couleur qui n'est pas visible, mais qui est là, de l'autre côté du miroir, de manière intensive et actuelle, au point que vous pouvez établir une chronologie des œuvres de l'artiste en les triant en fonction de la couleur qui manque, ce qui donne son unité à l'ensemble de son oeuvre.
la période le bleu étant la période sans bleu, la période rouge, celle sans rouge, etc, et c'est exactement ce caractère insaisissable qui est primordiale : une présence qui n'est plus, une réalité qui est plus suggéré que perçu. Cette suggestion n'a rien de symbolique , parce que le symbolisme se réfère à la signification, et les peintures de Eric denudt sont, insistons sur ce point , elles sont mais ne veulent rien dire, elle ont tendances à détruire la signification par ce travail sur l'insaisissable.
L'insaisissable est réalisé de deux manières dans le travail de Eric Denudt : à travers le renforcement des couleurs et l'approximation sémantique: une figure s'estompe dans l'obscurité, un être humain pourrait avoir été là, aurait-il pu l'être vraiment, Qui sait ?
Eglise de Bouvigny-Boyeffles, 2009
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